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      Le Journal du Comptable

1,50 €

          2013

L’économie au bout de la plume

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N°2516

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La religion à l’heure de la finance

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L'ENVOL DE LA FINANCE ISLAMIQUE


La finance islamique autrefois réservée aux pétrodollars envahie aujourd'hui les places financières occidentales. Le volume des placements financiers représenterait aujourd'hui plus de 1000 milliards de dollars selon l'International Financial Services London (IFSL).


Les "sukuks" ont la côte. En effet, ces titres de propriété adossés à un actif générateur de flux financiers sont particulièrement prisés des investisseurs.


La crise de 2007 serait-elle passée par là ?


La finance moderne occidentale a montré ses limites durant la crise des "subprimes". Les investisseurs n'ont pas oublié le caractère opaque, volatile, abstrait et déraisonné qui a amené le chaos. Nombre d'entre-eux se retirent à présent des places habituelles pour se tourner vers de nouvelles solutions comme la finance islamique qui prône le respect des principes de la Charia.


La finance islamique repose sur deux principes majeurs, en accord avec le droit musulman, que sont la responsabilité sociale et l'interdiction de l'intérêt. Les transactions faisant appel au "ribâ" (l'intérêt), au "gharar" (le hasard) ou au "maysir" (la spécultation) sont donc prohibées.


Quatre mécanismes incarnent la finance islamique: le "moudaraba", le "mousharaka", le "mourabaha" et "l'ijara".


Le "moudaraba" repose sur un partenariat: les apporteurs de capitaux (qui supportent le risque) et le promoteur du projet (qui gère le projet) conviennent ensemble du projet à financer. Ils fixent le partage des bénéfices attendus du projet. Ce partage se fait en fonction du capital apporté par la première partie.


Le "mousharaka" repose sur une participation au financement: les apporteurs d'une partie du capital (qui supporte une partie du risque) et le particulier (qui apporte l'autre partie du capital) financent le projet de ce dernier. Le particulier effectue ensuite les remboursements selon un tableau d'amortissement comprenant le capital emprunté et une partie des bénéfices du projet.


Le "mourabaha" repose sur une double vente: l'apporteur de capital achète le bien convoité par le particulier et le revend ensuite au particulier à un prix plus élevé sous forme de prêt. Le particulier rembourse ensuite ce prêt selon la période de remboursement fixée au préalable.


"L'ijara" repose sur un crédit-bail: le crédit bailleur achète le bien désiré par le locataire. Il lui loue le bien tout en incluant au contrat une promesse de vente.


Les mécanismes de la finance islamique reposent donc sur du capital disponible dès le départ de l'opération. Les transferts d'argent fictif sont donc bannis. De plus, les placements financiers servent à financer des projets concrets. Les investisseurs y voient là des placements plus sûrs en ces temps où l'avenir incertain est monnaie courante.

J.E